1ers États généraux des biomédicaments : les biosimilaires dans la société : comment en parler ?

26/11/2015

Les biomédicaments ont bouleversé le paysage des traitements médicamenteux disponibles et continuent à le faire évoluer en profondeur.
26 Novembre 2015

Ils recouvrent à peu près les protéines thérapeutiques, macromolécules complexes et inertes, nécessairement produites par le vivant. Les protéines issues du génie génétique (protéines dites recombinantes) ont depuis longtemps remplacé les protéines extraites d’organismes, renforçant leur sécurité de l’utilisation, du fait qu’elles soient produites par des cellules-usines modifiées génétiquement (OGM), cultivées en milieu confiné. Il en est ainsi de l’insuline, du facteur VIII anti-hémophilique, de l’hormone de croissance, etc. Le génie génétique offre aussi la possibilité de produire en masse des protéines qu’on n’aurait jamais pu extraire, et ainsi de traiter des maladies génétiques jusqu’ici incurables, comme des déficits en enzymes du métabolisme. Ces biomédicaments dits substitutifs (suppléant l’absence de protéine endogène) se doublent de biomédicaments modificatifs qui, comme beaucoup de médicaments chimiques, viennent agir sur des cibles et exercent de nombreuses activités pharmacologiques. Les vaccins sont des biomédicaments particuliers répondant à cette définition. Il en est également des anticorps monoclonaux humanisés recombinants qui ont fait revivre l’antique sérothérapie et permettent de traiter de nombreuses maladies inflammatoires et auto-immunes (rhumatismes inflammatoires, maladies inflammatoires de l’intestin, sclérose en plaques, asthme, etc), de nombreux cancers, des maladies dégénératives (dégénérescence maculaire liée à l’âge), et même des maladies génétiques. Le répertoire potentiel des anticorps est tellement vaste qu’il permet d’envisager de traiter de nombreuses affections.

Alors que de nouvelles molécules sont en développement, l’arrivée des biosimilaires (= « génériques » des biomédicaments) d’anticorps et d’insuline sur le marché pharmaceutique français apporte une nouvelle offre thérapeutique aux patients. Cependant l’acceptabilité sociétale des biosimilaires et les questions qu’ils soulèvent ne doivent pas être la propriété des scientifiques, des médecins, des pharmaciens, des politiques ou de l’industrie pharmaceutique. Les responsables d’associations de patients, dans leur grande diversité, peuvent représenter un vaste ensemble de sensibilités et s’exprimer au nom des patients.

C’est avec l’objectif de comprendre les biosimilaires et par conséquent de comprendre les biomédicaments que le programme régional ARD Biomédicaments, avec le soutien du CHRU de Tours, de l’Université François Rabelais de Tours, de l’INSERM et de la Fondation Philippe-Maupas, convoque les Etats Généraux des Biomédicaments à Tours le 26 Novembre 2015 sur la question « Les biosimilaires dans la société: comment en parler ? ». Cet événement est organisé de façon à ce que des représentants d’usagers puissent s’emparer du sujet des biosimilaires et débattre sur la façon dont il y aurait lieu de communiquer de la part des pouvoirs publics, des professions de santé, et de l’industrie pharmaceutique.